La volonté, votre plus grand obstacle

ARTICLE: Sylvie Grégoire MBA, CRHA
Membre AFAE

Beaucoup de leaders de grandes entreprises vous le diront, le plus grand obstacle à la croissance d’une organisation réside dans la VOLONTÉ du dirigeant.

La volonté va au-delà de l’espoir, de la passion ou du simple désir spontané de faire croitre son entreprise. La volonté nécessite un objectif clair à atteindre, des compétences et connaissances de leadership distinctes et la motivation suffisante pour agir. Même si les deux concepts sont souvent confondus, la motivation n’est pas un synonyme de volonté et la différence entre les deux s’illustre facilement ainsi :

Les marathoniens disent que la motivation fait courir les 30 premiers kilomètres,  la volonté les 10 derniers.

Donc, si le but de croissance a été clairement défini, encore faut-il savoir comment agir pour l’atteindre. Dès le départ de l’aventure, le dirigeant doit être conscient que durant son ‘marathon’, il devra poser nombre d’actions et prendre nombre de décisions difficiles qui ne seront pas en accordance avec ce qu’il « aime » et ce qui lui « fait plaisir » dans l’immédiat. Accepter les critiques, suivre de la formation, licencier un employé de longue date qui refuse de nouvelles responsabilités ou un membre de sa famille qui n’a pas les compétences requises, déléguer et gérer son stress  ne représentent que quelques-unes des situations où la volonté du dirigeant sera mise à l’épreuve.

 Garder le focus sur l’objectif

Produire un effort de façon prolongé est éprouvant mentalement et physiquement et pour éviter le relâchement de la volonté, un individu doit faire des efforts d’autocontrôle (self-control), que l’on pourrait aussi appelés sacrifices. Pour atteindre un objectif de croissance à long terme, le leader doit non seulement connaître ses forces et faiblesses, mais doit être conscient des plaisirs immédiats qu’il est prêt à sacrifier. Prenons comme exemple un ingénieur-entrepreneur qui, pour se concentrer sur l’exploration des opportunités d’affaires, engage un ingénieur (superviseur) et délaisse le plancher de l’usine et tous les aspects techniques qu’il adore (sacrifice).

Éviter le piège du relâchement

Le grand défi du leader est d’éviter un relâchement de la volonté qui le mènera à prendre des décisions faciles, qui lui procure un plaisir immédiat et le valorise mais, qui vont à l’encontre de son objectif de croissance à long terme.

Comme le mentionne Richard Branson (Virgin), une des meilleures façons pour éviter un tel piège est de structurer sa vie, son façon à garder le focus sur l’objectif final.

 «You can teach yourself to get up every day and try to keep a new business going despite long odds, partly by structuring your life and job to make sure you are working toward your larger goals.»

Se donner un cadre et une structure pour réussir

Pourquoi l’importance de la structure ?  Parce que la volonté et l’autorégulation sont des ressources qui s’épuisent. Elles sont comme des muscles qui se contractent, se fatiguent et se relâchent. Au même titre qu’un athlète olympique a besoin d’une structure d’entraînement (temps d’entraînement cardio, temps d’entraînement technique, musculation, temps de repos, etc.) afin de maximiser ses nouveaux apprentissages et de récupérer, un leader a aussi besoin de structure.

 

 

La volonté n’est pas un concept abstrait, mais physique

Les recherches en neurosciences démontrent que la volonté et la capacité d’autocontrôle se situe au niveau du cortex cérébral frontal. En général, un acte d’autocontrôle est suivi d’un relâchement de la volonté. Lorsque le cerveau est fatigué, il est plus difficile de se concentrer sur les objectifs à long terme, car de par sa nature, l’être humain recherche à compenser la fatigue par le « plaisir » immédiat. Lorsqu’un individu accompli une bonne action qui va dans le sens de ses objectifs, il se donne plus facilement la permission de se faire plaisir (tricher) en se promettant de compenser plus tard. Par exemple, si votre résolution du nouvel an était de perdre 10 kilos et que vous en avez déjà perdu 6, vous vous dites «pourquoi pas me gâter pour la première fois par un morceau de gâteau!» Prenons l’exemple de l’ingénieur-entrepreneur qui adore travailler sur le plancher et le contact avec les gens. À peine quelques semaines après avoir créé un poste de directeur pour le remplacer sur le plancher de l’usine (acte de volonté/sacrifice) et se concentrer sur ses objectifs de croissance, notre entrepreneur commence à s’immiscer (relâchement) presque de façon quotidienne dans le travail de son nouveau directeur. Il se fait plaisir!

Si vous avez la chance de connaître un leader de grande entreprise, demandez-lui ce qu’il a dû sacrifier et comment il a structuré sa vie pour atteindre ses objectifs. Identifiez les sacrifices que vous-même devrez faire et demandez-vous si vous avez la volonté de faire ces choix pour la croissance de votre entreprise.  Vous laisserez-vous tenter par un morceau de gâteau?

sylvie-gregoire

Sylvie Grégoire MBA, CRHA, Directrice-innovation et stratégies chez Experia

Vous désirez plus d’informations sur le sujet, vous trouverez les coordonnées de Sylvie  sur son profil.

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